Hello à tous,
Merci pour vos commentaires au sujet de ma proposition de LFO, commentaires qui ne peuvent que faire évoluer la proposition dans le sens d'une plus grande justice. Je suis bien conscient de sa lourdeur, de certains éléments un peu gadget (la pré-écoute par exemple), de certains défauts dont les principaux et non des moindres sont l'incompatibilité de l'obligation d'utilisation de librairies non modifiables (du moins sans autorisation) avec la GPL ou bien la propension des internautes à accepter ce modèle à l'heure ou les fichiers MTI n'existent pas encore.
Tous ces arguments sont loin d'être inintéressants.
Il faut bien garder à l'esprit que lorsque j'ai rédigé cette proposition de LFO :
- Je ne prétendais pas résoudre le problème à moi tout seul.
- Je m'étais fixé comme but de répondre par cette proposition à tous ceux qui s'opposent aux formules forfaitaires comme la licence globale, en répondant point par point à leurs inquiétudes : Les formules forfaitaires ne fonctionneraient qu'aux sondages ? Démontrons qu'une formule forfaitaire sans aucun sondage, à la répartition la plus exacte, est possible. La relation entre valeur d'une oeuvre et coût de cette dernière serait rompu ? La pré-écoute optionelle et l'option rémunération plus... bref, mon but n'était pas de rédiger "LA" solution, mais une esquisse de solution qui répond point par point aux exigeances des artistes, en particulier de la SACEM dont je suis sociétaire (mais dont je n'ai pas signé la pétition contre la licence globale, malgré les défauts inhérants à cette proposition), afin de démontrer que ce genre de solutions ne sont pas que pures utopies. J'ai toujours été de ceux qui pensaient que l'on "gagne" un débat d'idée lorsque l'adversaire finit à court d'arguments.
Je ne suis attaché à aucune de mes solutions en particulier, mais pour qu'une forfaitisation de l'accès à la musique sur le net soit possible, il faut impérativement :
1) Que cette forfaitisation ne se fasse pas sous forme d'une extention d'une exception (en l'occurence l'exception pour copie privée) mais par son incorporation dans toutes les formes de droits d'auteur et de droits voisins. Ainsi les auteurs et compositeurs devraient toucher les revenus de cette forfaitisation sous forme de droits d'auteur et non de compensation pour copie privée, qui est un droit voisin.
2) Que bien sûr cette forfaitisation - et ses répercussions financières soit ouverte à tous les artistes - et non aux seuls artistes qui seraient adoubés par les majors - De Goldman au groupe qui répète dans la cave de l'immeuble. Le seul juge en art doit être le public. La rémunération doit quant à elle être proportionelle à la popularité des oeuvres sur les réseaux P2P, donc au nombre de téléchargements de ladite oeuvre. Cela suppose un haut niveau de fiabilité dans l'identification des oeuvres.
3) Que même les artistes les moins représentés puissent toucher leur part, fussent elles des miettes, et que bien sûr tous les ayants droit sur les oeuvres (auteurs, compositeurs, editeurs, inteprètes, producteurs,...) touchent leur part.
4) Que le systeme soit ouvert au plus grand nombre de softs possibles (pas juste du P2P classique, mais aussi des messageries, des systemes permettant aux internautes de trouver des oeuvres en fonction de leurs goûts,...)
5) Qu'il respecte le choix des artistes et producteurs, notamment d'être rémunérés ou non pour leur oeuvre.
6) Qu'il respecte les internautes et ses choix technologiques, que le fruit des téléchargements ne soit pas limité comme c'est le cas avec les DRM (MTP) actuels.
7) Qu'il soit ouvert sur l'avenir, ne limitant pas à un seul format, d'ou mon idée d'encapsulation de fichiers aux formats différents (mp3, ogg, flac) par les données MTI.
8) En général, le systeme devrait être plus aventageux que la triche pour la grande majorité du public concerné, en l'occurence les internautes, un point que mon systeme semble aussi incorporer pleinement.
Si je reconnais que le résultat est plutôt lourd, c'est la solution compatible avec tout ces points la plus simple que j'ai trouvée au vu de mes conaissances en informatique, ce qui ne veut bien sûr en rien dire que cette solution soit la plus simple et la plus optimale possible.
Certaines idées comme celles de Tibo, Fulgore ou Jack Minier me semblent tenir grandement la route et effectivement améliorer ma proposition initiale, permettant notamment de se passer de logiciels dédiés (ces logiciels P2PL comme je les appelle). Si cela est effectivement possible, bien sûr que je suis bien plus favorable à des solutions qui n'obligent pas à une rénovation du parc logiciel.
Bref, j'ai rédigé cette proposition plutôt pour relancer le débat en donnant un exemple - parmi d'autres sans doute - de comment on pourrait concrètement mettre en place une licence forfaitaire dont la licence globale n'est que l'une des variantes possibles. Cette absence de concret ayant été le principal argument des pro DRM / anti licence devait être comblé. L'univers à horreur du vide. Moi aussi.
En ce qui concerne l'histoire des pré-écoutes (qui, si elles vous gènenent tant, peuvent être évacués du modèle) : il ne s'agit pas de mesurer le nombre de pré-écoutes, ni d'écoutes du titre une fois ce dernier téléchargé. Ma porposition de LFO se veut la plus respectueuse possible de la vie privée des internautes.
Etant moi même artiste, j'ai également rédigé ces propositions afin que tous les artistes ne soient pas mis dans le même sac. On peut très bien être sociétaire de la SACEM et profondément en desaccord avec les version 1.0 et 2.0 de la loi DADVSI, que l'on vote pourtant entre autres en notre nom à nous artistes...
Enfin un petit calcul qui en dit long sur les connaissances en maths de certains de nos artistes qui, outre le fait de ne pas savoir faire la différence entre une baguette et un mp3, bref un bien rival et un bien non rival, visiblement savent mal évaluer ce qu'une somme représente. En effet, certains ont dit que 7euros / mois pour accéder à la musique serait dérisoire. Ils feraient bien de se rappeller que la meilleure année du disque en france (2002, 1440 million d'euros de CA (source SNEP), arrondissons à 1.5 milliards d'euro), les quelques 20 millions de ménages français ont donc dépensé une moyenne de (1500/20)/12 = 6.50 euros / mois en musique... toujours aussi dérisoire, les 7 euros ?
Certains artistes argueront que ces 6.50 euros mensuels ne donnaient accès qu'a un nombre limité de disques... c'est vrai. Mais pourquoi vouloir continuer à limiter dans un univers ou la technique à rendu le clonage à coût quasi nul (et intégralement supporté par les internautes) à la portée de tous ? Si l'on veut persister dans la métaphore boulangère, je vois cela plus comme la multiplication des pains qui, selon les évangiles, aurait été accomplie par Jésus... un vilain pirate qui a d'ailleurs fini par avoir quelques démélés avec la justice de son pays... En clair, le numérique est un miracle pour la musique, pas son fossoyeur. De grâce, ne crucifiez pas une seconde fois les multiplicateurs de la grande boulangerie musicale !
Par manque de temps (un album à terminer), mais aussi vu l'imminence des débats à l'assemblée, je ne pourrais hélas développer plus le concept de LFO que j'ai exposé ici. Libre à vous cependant de faire vôtres les idées qui vous auront éventuellement séduites dans ma prose. Je ne demande aucun copyright pour les écrits que j'ai postés sur ce blog :-)
Par contre, je souhaite pour l'instant laisser en l'état la proposition initale, quitte à publier ultérieurement (car le vote du DADVSI code ne marque sans doute pas la fin du combat!) de nouvelles versions.
Cependant, si vous avez envie de reprendre le flambeau et d'améliorer par vous même le modèle, n'hésitez surtout pas. Mais gardez bien à l'esprit les 8 points qui ont guidé la rédaction de ce texte, qui me semblent être nécessaires à toute solution équitable.
Bref, la LFO v1.0 et 1.01 est ma modeste contribution au débat autour du P2P que le manque de temps (oh temps, suspends ton vol!) ne me permet pas de développer plus en l'état, mais qui, je l'espère, aura eu le mérite d'avoir un poil fait avancer le débat.
Pour finir, le compte rendu d'une petite expérience scientifique dont Bernard Werber (le célèbre auteur des fourmis) nous fait l'echo, qui, appliquée à la musique, explique bien pourquoi ce sont les plus grands qui crient le plus fort devant cette redistribution des cartes qu'impose la révolution internet :
http://www.bernardwerber.com/unpeuplus/ESRA/hierarchie_rats.htmlA méditer.
Cordialement,
Pieno76
Magnifique exemple d'intégration des critiques et d'ouverture d'esprit. Bravo Pieno 76.
J'espère que les pros, (et notamment les stars qui pour l'instant paraîssent désemparées par l'intox des majors à leur égard), passeront par ton site et comprendront qu'il est de LEUR intérêt AUSSI de trouver une voie juste et équitable pour résoudre avec leur public un conflit qui n'est qu'apparent.
Bon courage !
Tu sais, je ne vois d'avenir QUE dans l'ouverture d'esprit (OK, je sais, je dois être minoritaire, limite dissident à oser écrire cela...), donc...
BRAVO!
N'hésite pas à critiquer ce qui devrait ne pas aller, pour qu'ensemble nous puissions faire plus que râler contre telle ou telle loi (dont le nom commencerait par DAD et se terminerait par VSI par exemple) et au contraîre transformer la contestation anti DADVSI en force de proposition.
L'internet est à mes yeux l'avenir de la démocratie. Prouvons le... tant qu'il est encore temps !
Bonjour,
Félicitations pour votre site qui est vraiment bien conçu! J'ai créé un annuaire de blogs et si vous souhaitez vous y inscrire voici l'adresse: http://netblog.site.cx !
Bonne continuation
Sans doute serait-ce un argument comparatif pour appuyer votre proposition ?